Deux portes Westerns

Publié le 25 Juin 2016

La porte du Diable

La porte du Diable

La porte du Diable **** - Western de Anthony Mann avec Robert Taylor, Louis Calhern, Paul Raymond, Marshall Thompson, James Mitchell

 

Etats-Unis-N&B-(1950-1h33)

 

Au 19ème siècle, un sergent major de l'armée américaine d'origine indienne revient dans son pays et aspire à vivre une vie tranquille sur ses terres, mais les habitants de la ville voisine manipulés par un banquier qui hait les indiens ne va pas le laisser faire.

 

Au début des années 50, le visage de l'indien dans le western américain change petit à petit, il suffira du succès d'un seul film célèbre La flèche brisée de Delmer Daves avec James Stewart pour changer la donne, s'engouffreront des dizaines de métrages traitant du sujet dont le célèbre Bronco Apache d'Aldrich avec Burt Lancaster.

 

Tourné quasiment en même temps que le film de Daves, La porte du Diable est le premier western de Mann et son premier aussi pour la MGM. Réalisé volontairement en noir et blanc à l'époque où explose le technicolor, le film est intéressant à plus d'un titre.

 

La première partie, on voit le héros se battre pour faire respecter ses droits mais manipulés par un avocat ignoble et sans scrupules, les habitants de la ville voisine ne vont pas lui laisser une chance. S'ensuit une deuxième plus violente et très réussie avec une fin qui exclue tout happy end assez inhabituelle à signaler.

 

Grosse star de l'époque Robert Taylor est très bon dans le rôle de l'indien et à une heure où ces pénibles associations crient au scandale chaque fois qu'un acteur blanc interprète un personnage racé dans un péplum, ils feraient bien de se tourner vers le passé d'Hollywood qui était beaucoup moins polémique.

 

La porte du Diable demeure un western plus rare et méconnu dans la carrière de son auteur qui reste vraiment à voir.

La porte du Paradis

La porte du Paradis

La porte du Paradis ****  -10 - Western de Michael Cimino avec Kris Kristofferson, Isabelle Huppert, Jeff Bridges, Chrisopher Walken, Sam Waterston, John Hurt, Mickey Rourke, Brad Dourif et Richard Masur

 

Etats-Unis-(1980-3h36)-Version Longue

 

En 1890, dans le Wyoming un riche fermier se lève contre une puissante association d'éleveur qui a décidé de tuer tous les émigrants de son comté.

 

Considéré comme l'un des plus gros échecs du cinéma américain de ces trente dernières années, il coula le studio United Artists fondé dans les années 1910 par Charles Chaplin et Mary Pickford, La porte du Paradis a tendance heureusement a être réhabilité.

 

Fresque westernienne à très gros budget, La porte du Paradis devait être la consécration de Michael Cimino qui sortait du succès de Voyage au bout de l'enfer, ce ne fut pas le cas, les américains ne supportèrent pas l'image de l'Amérique donnée ici par son auteur à travers l'épisode du massacre du Comté de Johnson, fait peu connu à l'époque mais qui après le massacre des indiens, la pilule ne passa guère.

 

Pour autant, La porte du Paradis mérite amplement sa réputation, d'abord par sa reconstitution absolument splendide ainsi que son visuel d'une rare ampleur.

 

L'histoire se scinde en deux parties, une intimiste et une vraiment spectaculaire avec l'arrivée des mercenaires et de l'ignoble chef de l'association joué par Sam Waterston.

 

Isabelle Huppert pour un de ses rares rôles américains campe un joli portrait de femme émouvant, la dernière partie est évidemment plus spectaculaire et l'argent dépensé se voit à l'écran, Cimino refusant même tout happy end pour le personnage principal très bien joué par Kris Kristofferson.

 

Il faut absolument voir le film en version longue qui n'est pas exempt de longueurs c'est vrai, mais qui passe relativement vite, une version longue qui fut assez tardive notamment en France, où elle fut projetée au cinéma de Minuit. En 2013, l'éditeur Carlotta sorti un superbe blu ray supervisé par Cimino lui même qui mérite largement le détour. Indispensable.

 

A noter, film uniquement en VOST, avec une interview de Cimino et des acteurs.

Rédigé par Sid280

Publié dans #Ciné-Club, #Films-Saga Cultes

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